Conférence inaugurale de nos nouveaux professeurs

Conférence inaugurale de nos nouveaux professeurs

Nous avons le plaisir de vous inviter à la conférence inaugurale des professeurs Jean-Claude Caissard et Patrick Grof-Tisza !


🗓️ Date : 12 juin 2026
🕒 Horaires : de 14 h à 16 h 45
📍 Lieu : Faculté des sciences et technologies, Amphithéâtre J108, 23 rue du Docteur Paul Michelon, 42000 Saint-Étienne
🥂 Réception : à partir de 16 h 45

 

🌹Jean-Claude Caissard abordera la question suivante : pourquoi les plantes ont-elles une odeur ?

Les plantes aromatiques et odorantes se distinguent par leur capacité à produire une grande variété de composés volatils. Ces métabolites spécialisés remplissent des fonctions écologiques majeures, notamment dans le cadre des interactions avec d’autres organismes vivants. Ils contribuent à la communication chimique en jouant un rôle dans l’attraction des pollinisateurs, la répulsion des herbivores ou des ravageurs, le recrutement de parasitoïdes, ou encore dans l’échange de signaux entre les plantes.
La biosynthèse de ces composés repose sur des voies métaboliques complexes. Certaines sont largement conservées au sein du règne végétal, tandis que d’autres présentent un haut degré de spécialisation, voire une spécificité biochimique propre à une espèce donnée. Cette diversité biosynthétique reflète l’évolution adaptative des plantes à des niches écologiques spécifiques.
De plus, les plantes aromatiques présentent une remarquable variété de structures anatomiques impliquées dans la sécrétion et le stockage des huiles essentielles. 
Ces structures, allant des poils glandulaires aux canaux sécrétoires, reflètent la richesse morphologique et fonctionnelle associée à la production de composés volatils.
À travers une sélection d’exemples tirés de mes recherches, j’illustrerai ces différents aspects de la biologie et de la biochimie des plantes aromatiques, en mettant en évidence la complexité et la spécificité de leurs stratégies chimiques.

 

🐝Patrick Grof-Tisza présentera ses recherches passées et futures sur les composés volatils végétaux dans les interactions écologiques.

Les plantes ont développé des mécanismes sophistiqués pour détecter leur environnement et y réagir, ce qui leur permet d’interagir avec les herbivores, les prédateurs de ces derniers (leurs ennemis naturels) et même les plantes voisines. Ces interactions impliquent toute une série de processus, allant de la détection de signaux chimiques associés à une attaque d’insectes à la production de caractéristiques défensives, notamment des composés organiques volatils qui se propagent dans l’air et influencent le comportement des organismes environnants. Par exemple, l'armoise, un arbuste très aromatique qui domine une grande partie de l'Ouest américain, peut influencer les réponses défensives des plantes voisines, l'intensité de cet effet dépendant en partie de la parenté génétique. Dans les polycultures maïs-haricots-courges, des signaux volatils peuvent être partagés entre les cultures, renforçant ainsi leurs défenses et réduisant les dégâts causés par les herbivores.

Alors que les impacts des activités humaines sur les systèmes naturels deviennent de plus en plus évidents, le besoin d’approches plus durables se fait de plus en plus pressant. Une compréhension plus complète des composés volatils végétaux, de leur biosynthèse à leur fonction écologique, est essentielle tant pour faire progresser les connaissances fondamentales que pour éclairer la mise en place de solutions pratiques.